Votre site d’ONG reçoit des visites. Il ne reçoit pas de dons. Et vous avez peut-être fini par vous dire que c’est normal, que le don en ligne « ne marche pas vraiment ici ». Ce n’est pas le don en ligne qui ne marche pas. C’est le chemin entre la page et le paiement qui casse, presque toujours au même endroit. Voici où il casse, ce qu’un bailleur regarde quand il arrive sur votre site, et comment on répare le tunnel en 30 jours sans refondre tout le reste.
Pourquoi votre site compte en Mauritanie, chiffres en main
Le contexte mauritanien n’est pas un frein, c’est une raison de plus de soigner le site. Début 2025, la Mauritanie comptait 1,96 million d’internautes, soit 37,4 % de la population, et 6,14 millions de connexions mobiles actives, l’équivalent de 117 % de la population (DataReportal, Digital 2025 Mauritania, vérifié le 31 mai 2026). Autrement dit, vos donateurs locaux et votre diaspora sont en ligne, et ils y sont surtout par leur téléphone.
C’est là qu’un paradoxe utile entre en scène. À l’échelle du secteur, le mobile amène la majorité du trafic, mais l’argent arrive d’ailleurs. Selon l’étude M+R Benchmarks 2025 (données 2024), les visiteurs desktop représentaient 55 % des transactions et 70 % des revenus de don en ligne, avec un don moyen de 145 dollars sur ordinateur contre 76 dollars sur mobile (vérifié le 31 mai 2026). Pour les petites structures, l’écart est encore plus marqué : le desktop y génère environ 80 % des revenus en ligne.
La leçon n’est pas « négligez le mobile ». C’est l’inverse. Le mobile est la porte d’entrée, le desktop est souvent la caisse, et un site performant doit gagner les deux : capter l’attention là où elle se trouve, et ne perdre personne au moment de payer, quel que soit l’écran. Un site qui oblige un donateur mobile à pincer pour zoomer sur un formulaire perd le don que le desktop aurait conclu.

Le brief avant le brief
La plupart des ONG nous contactent pour « refaire le site ». Neuf fois sur dix, le site n’est pas le problème, le tunnel de don l’est. Avant de signer quoi que ce soit, demandez à votre prestataire de vous montrer, écran par écran, où vos donateurs s’arrêtent. S’il n’a pas de réponse précise et qu’il enchaîne directement sur une maquette, il vous vend une refonte, pas une réponse à votre objectif.
Les sept leviers d’un site d’ONG qui sert à quelque chose
Un site utile à une ONG ne coche pas sept cases décoratives. Chaque levier répond à une question concrète : ce don va-t-il aboutir, ce bailleur va-t-il nous prendre au sérieux, ce bénévole va-t-il s’inscrire.
- Un tunnel de don court. Le nombre de champs et d’étapes entre « je veux donner » et « c’est fait » est le premier facteur de dons perdus. Chaque clic en trop coûte des donateurs.
- Un paiement adapté au terrain. Carte internationale pour la diaspora, mais aussi les moyens de paiement réellement utilisés localement. Un bouton de don qui ne propose qu’un moyen que personne n’a sous la main ne sert à rien.
- Une preuve d’impact lisible en dix secondes. Combien de bénéficiaires, sur quel projet, avec quel résultat. Pas un rapport annuel en PDF de 80 pages, une preuve immédiate.
- Une vitesse qui tient sur une connexion mobile moyenne. Une page qui met cinq secondes à s’afficher a déjà perdu une partie de ses visiteurs avant le premier mot.
- Une conformité aux chartes de vos bailleurs. Mention obligatoire de cofinancement, règles d’usage des logos, droits à l’image des personnes filmées ou photographiées. Pour un bailleur, ce ne sont pas des détails de mise en page, ce sont des conditions de paiement.
- Une version dans les langues de votre audience. Un contenu pensé pour le français, l’arabe ou l’anglais selon vos donateurs et vos partenaires, pas une traduction automatique visible qui décrédibilise.
- Une mesure en place dès le premier jour. Sans suivi du nombre de visiteurs qui deviennent donateurs, vous pilotez à l’aveugle et vous ne saurez jamais quel levier a vraiment bougé.
Aucun de ces leviers ne fonctionne seul. Un beau bouton de don sur un site lent ne lève pas de fonds, et un site rapide sans preuve d’impact ne convertit pas un bailleur.
La vitesse n’est pas un luxe, c’est le premier filtre
Sur une connexion mobile mauritanienne, la performance technique n’est pas un sujet d’ingénieur, c’est ce qui décide si la page s’affiche avant que la personne abandonne. Google publie trois repères que nous utilisons comme seuils de recette : le contenu principal doit s’afficher en moins de 2,5 secondes, la page doit réagir à la première interaction en moins de 200 millisecondes, et la mise en page ne doit pas sauter pendant le chargement (seuils Core Web Vitals, Google web.dev, vérifié le 31 mai 2026).
Concrètement, ces trois repères se traduisent en gestes simples : compresser les images au lieu de charger des photos de 4 méga-octets, n’embarquer que les scripts utiles, et réserver l’espace des éléments pour que le bouton « Donner » ne se déplace pas sous le doigt au dernier moment. Rien de spectaculaire. Juste la différence entre un site qui se charge et un site qu’on quitte.
Le don sans friction : l’art de ne perdre personne à la caisse
C’est ici que se gagne ou se perd la levée de fonds en ligne. Le tunnel de don est la suite d’écrans entre le moment où quelqu’un décide de donner et le moment où le paiement est confirmé. Chaque écran, chaque champ, chaque demande de création de compte est une occasion d’abandonner.
Les principes qui tiennent, projet après projet : demander le minimum d’informations, proposer des montants suggérés plutôt qu’un champ vide, permettre le don sans créer de compte, et rendre l’option de don mensuel visible sans l’imposer. Le don récurrent est précisément ce que les bailleurs et les études du secteur identifient comme le moteur de croissance le plus stable du don en ligne, parce qu’un donateur mensuel rapporte sur la durée bien plus qu’un don unique.
Et puisque le mobile amène le trafic mais que le don aboutit souvent ailleurs, le tunnel doit être impeccable sur petit écran : champs assez grands, clavier numérique qui s’ouvre pour le montant, bouton de validation atteignable au pouce. Un donateur qui galère sur son téléphone ne revient pas finir sur ordinateur. Il abandonne.
La méthode 30 jours : réparer le chemin, pas tout le site
Quand une ONG nous confie son site, on ne commence pas par la maquette. On commence par le diagnostic. Notre cadre tient en trois temps sur trente jours, et le premier livrable n’est pas un design, c’est une réponse à la question « où perdez-vous vos dons ».
- Semaine 1, le cadrage. On regarde ensemble le parcours réel de vos donateurs, écran par écran, et on identifie le ou les points de rupture. Sortie : un constat chiffré et un périmètre signé. Pas une promesse, un diagnostic.
- Semaines 2 et 3, la correction ciblée. On refait le tunnel de don en pensant mobile d’abord, on intègre les bons moyens de paiement, on allège les pages les plus lentes. On touche au chemin qui compte, pas à l’ensemble du site.
- Semaine 4, la mesure. On met en place le suivi des conversions et on établit le point de référence. À partir de là, vous savez combien de visites deviennent des dons, et on peut comparer dans trois et six mois.
Trente jours, sans refondre tout le site. C’est un parti pris, et il a une raison : la plupart des ONG n’ont pas un problème de site entier, elles ont un problème d’un écran précis. Réparer cet écran coûte moins cher, va plus vite, et se mesure.
Dans nos studios : la charte bailleur se cadre avant la première image
Un volet que les prestataires généralistes sous-estiment, et qui pourtant conditionne le paiement : la conformité aux exigences de vos bailleurs. Choisir un prestataire qui n’a jamais ouvert un manuel de marque bailleur, c’est s’exposer à reprendre des visuels au cycle suivant, semaine perdue à la clé.
Sur une campagne cofinancée par l’Union européenne, l’AECID ou l’OIM, la mention obligatoire, les règles d’usage des logos et les protocoles de consentement à l’image d’un bénéficiaire ne sont pas négociables. Dans nos studios, on cadre la charte bailleur avant la première image, pas après le premier refus. Et quand on filme un documentaire d’impact ou des témoignages de bénéficiaires, le consentement éclairé se règle avant le tournage, jamais en montage. C’est cette discipline qui fait qu’un documentaire d’impact se tourne une fois, pas deux, et qu’un visuel passe la validation du premier coup.
Vos questions, nos réponses
Voici les questions que les responsables de communication d’ONG nous posent le plus souvent. Réponses franches, telles qu’on les donne en rendez-vous.
Combien coûte un site d’ONG correct ? Cela dépend moins du nombre de pages que de trois choses : le périmètre fonctionnel (une vitrine ou un vrai tunnel de don avec paiement), le nombre de langues à produire en qualité native, et la part de cadrage stratégique en amont. Méfiez-vous d’un prix au rabais sans périmètre écrit. Le devis pas cher se rattrape toujours sur les ajouts en cours de route, et un calendrier bailleur ne pardonne pas les retards.
Quels moyens de paiement prévoir pour des dons en Mauritanie ? Les deux à la fois. Une carte internationale pour la diaspora et les bailleurs, et les moyens de paiement réellement utilisés localement pour les donateurs sur place. Le bon réflexe n’est pas de copier ce que fait une ONG européenne, c’est de partir de qui sont vos donateurs et de ce qu’ils ont déjà sur leur téléphone.
Faut-il investir dans le site ou dans les réseaux sociaux ? Les deux ne font pas le même travail. Les réseaux sociaux servent à la découverte et à la mobilisation, le site sert à la conversion et au don. Une publication virale qui renvoie vers un tunnel de don cassé, c’est de l’audience gâchée. Construisez les réseaux pour amener du monde, le site pour transformer ce monde en donateurs.
On démarre petit, par quoi commencer ? Par le tunnel de don et la mesure, pas par le design. Tant que vous ne savez pas combien de visiteurs deviennent donateurs, vous ne savez pas quoi améliorer. Un premier site sobre, rapide, avec un don sans friction et un suivi des conversions, vaut mieux qu’un site spectaculaire dont personne ne mesure le rendement.
Comment prouver l’impact à notre direction et à nos bailleurs ? Avec des chiffres, pas des adjectifs. Nombre de donateurs, montant moyen, taux de visiteurs qui donnent, évolution sur trois et six mois. C’est exactement ce que la mesure mise en place en semaine 4 permet de produire, et c’est ce qui transforme un rapport d’activité en argument de renouvellement de financement.
Pour démarrer
On regarde ensemble votre tunnel de don pendant trente minutes, et on vous dit franchement s’il y a un correctif rapide à fort effet ou s’il faut plus. Si votre site convertit déjà bien, on vous le dira aussi.
[Demander un cadrage]
Une ONG n’a pas besoin d’un beau site. Elle a besoin d’un site qui transforme une visite en don. Un livrable n’est pas un résultat.
Webrim, équipe intégrée design, web, vidéo et marketing, depuis 2014.



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